Donner du sens à sa vie

Juin 2012 (Volume 6 / Numéro 3).

Dans les numéros précédents (voir les infolettres antérieures de février et août 2011), j’ai parlé de 3 des 5 catégories d’éléments qui favorisent le bonheur:

1-      les émotions positives, d’où l’importance de connaître les activités agréables que vous appréciez et de les pratiquer;

2-      l’engagement (le « flow »), c’est-à-dire de s’impliquer dans une activité qui nous stimule et fait appel à nos forces et de s’y plonger au point d’en perdre la notion du temps;

3-      les relations interpersonnelles, qui sont une source importante de bonheur et de bien-être pour chacun de nous.

Aujourd’hui, j’aborde la notion de SENS, un élément si important que son absence peut rendre malheureux même ceux qui semblent posséder tout.

Dans notre monde moderne, les gens ont souvent l’impression de manquer de temps et de devoir en faire toujours plus.  Mais faire plus de quoi ?  Qu’est-ce que cela donne de faire plus de quelque chose qui n’est pas vraiment important pour vous ou qui ne donne pas de sens à votre vie ?  Pourquoi ou « pour qui » en faire plus ?  En fait, la vraie question n’est pas un problème de temps, mais une question de sens.  Aujourd’hui, les gens sont souvent en quête de SENS.  Les activités qui provoquent des émotions positives ou un état de flow sont souvent des activités solitaires.  Mais l’être humain a aussi besoin de donner du sens à sa vie, c’est-à-dire de participer à quelque chose de plus grand que lui, au service des autres.

Certains parmi vous questionnent leur mode de vie: Pourquoi est-ce que je cours comme ça ?  Est-ce vraiment comme cela que je veux vivre ma vie ?  Qu’est-ce qui est vraiment important pour moi dans ma vie ?  Et est-ce que j’y consacre suffisamment de temps ?  Vous arrive-t-il de vous poser ces questions ?  Ce sont des questions importantes, mais plus important encore sont les réponses que vous leur donnerez !  Prenez le temps de faire l’exercice suivant par écrit et répondez aux questions suivantes:

1-      Qu’est-ce qui est vraiment important pour moi dans la vie ? (nommez au moins 3 choses importantes)

2-      À quoi est-ce que je consacre la majorité de mon temps ? (vérifier dans votre agenda ou votre horaire)

3-      Est-ce que je consacre la majorité de mon temps à ce qui est vraiment important pour moi ?

Si vous consacrez la majorité de votre temps à ce qui est important pour vous, alors il y a de fortes chances que vous vous sentiez en paix avec vous-même et que vous ayez l’impression que votre vie a du sens.  Si vous consacrez la majorité de votre temps à des activités peu importantes pour vous, alors il est probable que vous sentiez un déséquilibre dans votre vie ou que celle-ci soit insatisfaisante pour vous.

D’autres remettent en question leur choix professionnel: Pourquoi est-ce que je fais ce travail ?  Est-ce vraiment ce que je veux faire ?  Est-ce que ce travail a du sens pour moi ou donne du sens à ma vie ?  Vous consacrez probablement près de 8 heures par jour à vos activités professionnelles.  Est-ce que votre travail (malgré ses imperfections ou certaines tâches désagréables) vous donne l’impression de faire quelque chose d’utile, d’apporter quelque chose aux autres ?  Tout le monde connaît l’histoire des 3 casseurs de pierres.  Le premier casse des pierres pour gagner sa vie; le deuxième casse des pierres pour que d’autres construisent quelque chose.  Le troisième participe à la construction de cathédrales.  La tâche est la même, mais le sens donné par chacun de ces hommes est très différent.  Et leur niveau de bien-être aussi, bien sûr.

Vous n’avez donc pas besoin d’être neurochirurgien pour être utile aux autres.  J’ai toujours dit en blague qu’entre une grève des éboueurs et une grève des psychologues, la population (y compris moi-même) s’ennuierait plus vite des éboueurs que des psychologues !  Tout métier, même le plus modeste socialement, apporte quelque chose aux autres lorsqu’il est bien fait.  Mais votre travail donne-t-il du sens à votre vie ?

Parfois, certains ont des objectifs qui leur semblent importants et auxquels ils consacrent beaucoup d’énergie pour les atteindre.  Ils grimpent l’échelle (professionnelle surtout) à toute vitesse pour se rendre compte, rendus là-haut, que l’échelle n’est pas appuyé sur le bon mur.  Que la réussite qu’ils visaient ne leur apporte pas le bien-être ou le bonheur espéré, qu’elle est vide de sens.  Leur échelle n’était pas appuyée sur le bon mur…  Et votre échelle à vous, est-elle sur le bon mur ?  Si oui, tant mieux  et félicitations pour vos bons choix !  Sinon, qu’allez-vous faire ?  Prenez le temps de réfléchir aux questions suivantes pour savoir si votre échelle est sur le bon mur:

1-      Quels sont mes objectifs professionnels ?

2-      Pourquoi est-ce que j’ai choisi ces objectifs ?

3-      Qu’est-ce que je veux vraiment obtenir en atteignant ces objectifs ?

4-      Atteindre ces objectifs professionnels donne-t-il du sens à ma vie?

Mon propos n’est pas de décourager l’ambition professionnelle, au contraire.  Je crois profondément au développement personnel optimal de l’être humain comme chemin vers le bien-être et le bonheur.  Pour moi, le développement personnel optimal est de se donner la permission d’être soi-même, de devenir la personne unique que l’on peut être.  Et cela implique aussi de s’accomplir c’est-à-dire d’utiliser tous ses talents, qualités, habiletés et forces de façon optimale.  (D’ailleurs, Seligman, le père de la psychologie positive, considère que l’accomplissement constitue le 5ème élément favorisant le bien-être et le bonheur.)

Mais cela doit se faire dans un contexte d’équilibre et d’harmonie.  Si vous souhaitez, d’une part, devenir président de votre compagnie et que, d’autre part,  passer beaucoup de temps en famille est important pour vous, vous risquez d’avoir un conflit d’horaire.  Et surtout un conflit de valeurs ou de priorités.  Il faut donc identifier les différents éléments qui donnent du sens à votre vie et les équilibrer.  Lorsqu’un élément est démesurément favorisé par rapport aux autres éléments, vous vous trouvez en situation de déséquilibre: cela risque de causer de la fatigue (burn-out) et peut-être même des problèmes de santé à long terme.

Certains en arrivent à un questionnement plus existentiel: Qu’est-ce que je suis venue faire ici ?  Quelle est ma mission personnelle ?  Si vous avez choisi un métier ou un mode de vie en relation avec vos talents et vos passions, vous vivez probablement en accord avec votre mission personnelle.  Par contre, si vous avez l’impression de ne pas être à votre place dans votre métier, de vous ennuyer ou que votre vie n’a pas de sens, alors vous n’avez probablement pas identifié votre mission personnelle.  Mais cela est un autre sujet que nous aborderons une autre fois.

D’ici là, soyez heureux !

© Tous droits réservés 2018 Sylvie Boucher
Boutons Paypal par Blog Expert