Êtes-vous heureux ? – 2e partie
Août 2011 (Volume 5/Numéro 2) –
Bonjour à tous ! La première partie de cette série sur le bonheur vous a été offerte en février. Certains pourront dire que je ne suis pas très assidue et je l’admets. Mais personne ne peut nier que je suis persévérante !
Depuis ce temps, j’ai eu le plaisir de faire une présentation sur la nouvelle théorie de Martin Seligman, père de la psychologie positive, à mes collègues doctorants. Seligman avait identifié 3 éléments qui favorisent le bonheur. Sa nouvelle théorie redéfinit le bonheur (qui a une connotation d’humeur joyeuse) pour parler plutôt de bien-être. En plus des 3 éléments déjà identifiés, il nomme 2 autres éléments supplémentaires. Il me fait donc plaisir de vous offrir cette nouvelle version plus complète.
Ainsi, dans la première partie, je vous avais suggéré de vous questionner sur les activités agréables qui vous rendent heureux. Les émotions positives ressenties lors de ces activités sont en effet un élément qui contribuent au bien-être.
Le 2ème élément important est l’engagement, que Csikszentmihaly appelle le « flow ». Vous êtes totalement engagé dans une activité lorsque, par exemple, vous faites un avec la musique, vous avez l’impression que le temps s’arrête (ou n’existe plus). C’est une forme de perte de la conscience de soi durant une activité absorbante. Seligman appelle une vie guidée par le « flow » une « vie engagée ».
L’engagement est différent et même à l’opposé des émotions positives, car la personne qui vit le flow ne ressent rien et ne pense à rien d’autre qu’à sa tâche. Elle est totalement concentrée et ne ressent pas d’émotion au moment de l’activité.
Il n’y a pas de raccourci sans effort pour être dans le flot, contrairement aux émotions positives où vous pouvez faire plusieurs activités faciles pour les ressentir (prendre une marche, magasiner, manger du chocolat, etc.). Pour provoquer un état de « flow », une activité doit être suffisamment exigeante et difficile pour être stimulante et vous faire progresser en vous permettant de déployer vos forces et vos talents, mais pas trop pour ne pas vous stresser ou vous décourager. Il devient donc important d’identifier vos forces supérieures et d’apprendre à les utiliser plus souvent pour vous mettre en état de flow.
Petit exercice de réflexion :
Quelles activités provoquent un état de « flow » pour vous ?
Que faites-vous qui vous donne l’impression que le temps s’arrête ?
Quelles activités vous permettent d’utiliser vos forces et vos talents ?
Rappelez-vous cependant que les pensées et les émotions sont habituellement absentes durant l’état de flow et c’est seulement par rétrospective que nous pouvons dire « c’était agréable ou merveilleux ».
Le 3ème élément qui favorise le bien-être est connu de tous et partagé par des gens de culture différente: ce sont les relations interpersonnelles positives. Dans la majorité des recherches sur ce qui les rend heureux, les gens mentionnent que les rencontres avec la famille et les amis sont très importantes.
Lorsqu’on interroge les gens sur ce qui est important pour eux, souvent ils vont identifier la famille comme étant une de leurs priorités. Et lorsqu’ils sont malheureux ou trop stressés, c’est souvent parce qu’ils se sentent déchirés entre la famille et le travail. Ils ne parviennent pas à passer autant de temps qu’ils le souhaitent avec leur famille. S’ils ne parviennent pas à faire ce qui les rend heureux, il ne faut pas se surprendre qu’ils finissent par éprouver des malaises physiques ou psychologiques. En effet, les émotions négatives persistantes semblent affecter la santé. Les gens heureux bénéficient plutôt d’une meilleure santé et d’une plus grande longévité. Sans compter qu’ils semblent mieux réussir dans la vie au niveau professionnel et financier ! Surprenant, n’est-ce pas ?
Certaines personnes disent qu’elles préfèrent donner que recevoir. Il semblerait que ce soit effectivement le cas. Les recherches démontrent que le fait d’être gentil envers les autres, d’éprouver de la compassion ou de faire une action généreuse telle que de rendre un service ou faire du bénévolat favorise un état de bien-être chez la personne qui pose le geste. C’est pourquoi faire un geste gentil est un exercice qui est prescrit dans les thérapies basées sur la psychologie positive.
Petit exercice de réflexion:
À quand remonte votre dernier geste gentil ?
Passez-vous suffisamment de temps avec des gens que vous appréciez ?
Dans les prochaines infolettres, je vous présenterai les 2 autres éléments de la théorie de Seligman.
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