S’aimer assez pour s’offrir le monde

Février-Mars 2008 (Volume 2, Numéro 2) –

Cette chronique a été commencée en février et terminée en mars.

Aaahhh ! Février, mois de l’amour !

Mars … et le ménage du printemps ?

Vous avez sûrement profité de la Saint-Valentin pour dire à ceux que vous aimez à quel point vous les appréciez. Vous leur avez probablement offert un cadeau pour leur démontrer l’importance qu’ils ont à vos yeux. Et vous, que vous êtes-vous offert ? Qu’êtes-vous prêts à faire pour vous démontrer que vous êtes important(e) à vos propres yeux ?

Il arrive parfois que l’on n’ose pas demander à la vie ce qu’il y a de meilleur pour soi. Peut-être parce qu’on a appris que ce n’est pas bien de demander … ou qu’il faut se contenter de ce que l’on a, sans demander plus … Par contre, si c’était pour quelqu’un que l’on aime beaucoup, on n’hésiterait pas à demander ce qu’il y a de mieux. Alors qu’est-ce qui nous empêche d’oser demander pour soi-même ?

Combien de fois avez-vous pensé ou même dit en recevant un cadeau, « Oh ! c’est bien trop (beau, cher, etc.) ! » Pensez-vous la même chose lorsque vous offrez un cadeau ? On serait prêt à faire tous les efforts nécessaires pour aller décrocher la lune et l’offrir à ceux qu’on aime. Mais pas question de le faire pour soi… il y a vraiment deux poids, deux mesures: ce qui est bon pour les autres, et ce qui est bon pour soi. Pourquoi est-ce si différent ?

Bien sûr, c’est une question d’estime de soi. Comme si on aimait les autres plus que soi même.  Mais pourquoi donc ? Êtes-vous vraiment moins gentil(le) que les autres ? Avez-vous  fait quelque chose de si terrible que vous deviez le payer pour le restant de vos jours ? Probablement pas.

Pourtant, vous continuez à vous traiter moins bien que vous traitez les autres. Pourquoi donc ?

Vous pouvez chercher dans vos souvenirs d’enfance pour trouver des éléments qui expliqueraient pourquoi vous n’avez pas pu vous construire une estime de soi solide. Mais cela n’améliore pas votre estime de soi actuelle.

L’estime de soi est la valeur que l’on s’accorde à soi-même en fonction de plusieurs critères et normes. Pour la plupart des gens, ces critères et ces normes ne sont pas clairement connus. Ce qui ne les empêche nullement d’avoir une très grande influence dans plusieurs domaines de votre vie, et particulièrement sur votre estime de soi. D’où l’importance de prendre conscience des critères et des normes que vous utilisez pour vous évaluer. La façon dont vous pensez à vous constitue l’image que vous avez de vous-même et détermine votre estime de soi. Un exemple : j’ai longtemps pensé que j’étais paresseuse, ce qui n’est pas très valorisant vous en conviendrez ! Par contre, durant de longues périodes de ma vie, tout en travaillant à temps plein et en éduquant seule ma fille, j’ai réalisé des projets importants (rédaction et animation d’une série d’ateliers,  rédaction de mon livre, suivi de formations, etc.). Et bizarrement, ça m’a pris beaucoup de temps avant de réaliser que je n’étais peut-être pas aussi paresseuse que je le croyais… J’avais une image de moi que j’ai mis longtemps  à modifier. De plus,  je pensais en termes « tout ou rien » ou « noir ou blanc », autrement dit je suis paresseuse ou je ne le suis pas. Mais la réalité est beaucoup plus nuancée et se situe souvent dans des tons de gris. En ce qui me concerne, on peut dire que je suis paresseuse et que je ne ferai pas ce qui me déplaît à moins d’y être vraiment obligée. Par contre, si j’accepte une responsabilité ou si un projet n’intéresse et me passionne, je suis prête à y consacrer toutes les heures nécessaires.  Faut croire que je ne suis pas aussi paresseuse que je le croyais !

Il est important de réaliser qu’il n’existe pas UNE seule réalité objective mais plutôt une multitude de façons de percevoir le monde autour de vous en fonction de votre réalité intérieure, c’est-à-dire de vos croyances et de vos pensées. Cette année, nous explorerons ensemble l’univers illimité de vos pensées concernant différents thèmes et l’impact puissant qu’elles ont sur votre vie.  Et le premier thème sur lequel je vous invite à réfléchir est l’image de vous-même que vous vous êtes créés au cours des années car c’est cette image qui détermine votre relation avec vous-même, avec les autres et avec  le monde en général.

Connaissez-vous vraiment l’image de vous-même que vous portez à l’intérieur de vous ? Cette image est-elle suffisamment nuancée pour vraiment bien représenter toutes les facettes de votre personnalité ? Votre image est-elle plutôt positiver ou plutôt négative ? Provoque-t-elle chez vous une estime de soi solide, qui vous donne la permission d’être vous-même et  d’oser demander le meilleur  a l’univers ?

Si oui, tant mieux pour vous ! Mais pour beaucoup de gens, il leur arrive d’être déçus d’eux- mêmes parce qu’ils ne correspondent pas à ce qu’ils voudraient être. Ils ont l’impression de ne pas être à la hauteur et de ne pas en faire suffisamment. Ils sont très préoccupés par leur image, craignant que les autres découvrent qui ils sont réellement. Leur peur du jugement les paralyse et les empêche de profiter pleinement de la vie.

Cela est particulièrement vrai pour les perfectionnistes excessifs. Avoir le souci du travail bien fait est une belle qualité, très valorisée, en particulier par les employeurs ! Cependant, lorsque les gens tente de fournir la même qualité de travail avec moins de ressources et dans un temps réduit, ils risquent de s’épuiser. Dans ce cas, le perfectionnisme devient une source de stress, d’anxiété, de faible estime de soi, de dépression , etc.

Le perfectionnisme excessif se définit par un ensemble d’attentes très élevées et irréalistes envers soi-même, envers les autres ou que nous croyons que les autres ont envers nous. Il se caractérise par des façons bien particulières de penser (les distorsions cognitives) qui provoque presque automatiquement un malaise ou qui empêche une situation de bien évoluer. C’est un peu comme si vous aviez un logiciel de traitement de l’information contaminé qui ne produit que des résultats faussés sans que vous vous en rendiez compte.

Puisque votre réalité extérieure reflète en grande partie  votre réalité intérieure, c’est-à-dire vos pensées, il est très important de bien gérer vos pensées. C’est pourquoi je vous invite à observer vos pensées et à faire un grand ménage du printemps : garder les pensées qui ont un impact positif sur vous et votre environnement et jeter vite aux poubelles celles qui vous empêchent d’obtenir ce que vous voulez ou d’être heureux(se) !

 

 

© Tous droits réservés 2018 Sylvie Boucher
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